Global Security Mag : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment votre parcours professionnel vous a amené à votre rôle actuel ?
Laurent Tombois : j’occupe le poste de Country Manager France & North Africa chez Bitdefender, où je pilote le développement stratégique et commercial sur ces marchés, en accompagnant les organisations dans le renforcement de leur posture de cybersécurité.
Mon parcours s’est construit autour des technologies et de la cybersécurité, avec une forte orientation vers les enjeux de transformation numérique et de gestion des risques. J’ai évolué dans des environnements variés, ce qui m’a permis de développer une vision globale des défis auxquels font face les entreprises aujourd’hui.
Chez Bitdefender, nous mettons particulièrement l’accent sur des approches innovantes autour de la prévention, de la gestion des risques et de la réduction de la surface d’attaque, afin d’aider les organisations à anticiper des menaces de plus en plus sophistiquées et souvent invisibles.
Global Security Mag : Quelle sera votre actualité lors du Forum InCyber 2026 ?
Laurent Tombois : lors du forum InCyber 2026, nous mettons l’accent sur trois grands axes : la souveraineté numérique, la prévention des risques et le rôle de l’intelligence artificielle dans la cybersécurité. Nous souhaitons notamment apporter un éclairage sur la manière dont les organisations peuvent reprendre le contrôle sur leurs environnements numériques, au-delà des seules questions d’infrastructure, en maîtrisant leurs dépendances technologiques et leur exposition aux risques.
Aussi, nous constatons que de nombreuses attaques récentes exploitent des outils légitimes des systèmes d’exploitation et des accès utilisateurs trop étendus, souvent difficiles à détecter. Pour répondre à ces enjeux marchés, nous lançons Bitdefender GravityZone Attack Surface Assessment, un outil conçu pour aider les organisations à reprendre le contrôle de leur surface d’attaque interne. L’objectif est de fournir une vision claire de la surface d’attaque, en mettant en évidence les accès inutiles, les usages à risque et certains phénomènes comme le shadow IT.
Cette approche s’inscrit dans notre démarche PHASR (Proactive Hardening and Attack Surface Reduction), qui vise à réduire en amont la surface d’attaque en limitant les opportunités d’exploitation. L’outil s’appuie sur des capacités d’analyse basées sur l’intelligence artificielle pour prioriser les actions et automatiser certaines remédiations.
L’outil s’appuie sur des données issues d’incidents réels pour aider à prioriser les actions de remédiation et à réduire progressivement la surface d’attaque.
Global Security Mag : Quels sont les points forts des solutions que vous allez présenter à cette occasion ?
Laurent Tombois : les solutions Bitdefender reposent sur une approche résolument orientée vers la prévention et la réduction de la surface d’attaque. Cette logique est au cœur de notre démarche PHASR, qui vise à limiter les opportunités d’exploitation en agissant en amont. Nous utilisons l’intelligence artificielle pour renforcer en continu la sécurité des environnements, en tenant compte des usages et des comportements des utilisateurs, afin d’identifier et de bloquer les menaces avant même leur exécution.
Un point clé aujourd’hui concerne les attaques dites « sans malware » ou Living-Off-the-Land, qui exploitent des outils légitimes du système. Nos solutions permettent également d’identifier les accès excessifs, le shadow IT et les usages non maîtrisés, afin de limiter les angles morts et de renforcer le contrôle des environnements.
Enfin, nous apportons un haut niveau de transparence et de pilotage, indispensable pour répondre aux enjeux de souveraineté numérique.
Global Security Mag : Cette année, le Forum InCyber aura pour thème « Maîtriser nos dépendances numériques », quelles sont vos analyses sur ce sujet ?
Laurent Tombois : la notion de dépendance numérique est aujourd’hui centrale, mais elle est souvent mal appréhendée. Elle ne se limite pas à la localisation des données ou au choix des technologies, mais concerne la capacité à comprendre et maîtriser l’ensemble de son exposition.
Les organisations évoluent dans des environnements de plus en plus complexes, avec des dépendances technologiques, logicielles et humaines qui peuvent devenir des points de fragilité, notamment lorsque certains accès ou usages ne sont pas maîtrisés. Il faut avoir en tête que la souveraineté numérique est certes une question technologique, mais aussi juridique et de gouvernance.
Dans ce contexte, la souveraineté numérique passe avant tout par la capacité à réduire ces dépendances, à renforcer la résilience des systèmes et à garder le contrôle sur ses opérations de sécurité, notamment face à des menaces qui exploitent de plus en plus les usages légitimes.
Global Security Mag : Comment vos solutions répondent-elles à cette problématique ?
Laurent Tombois : dans le contexte de la souveraineté numérique et des risques liés à l’extraterritorialité de certains droits étrangers et aux obligations renforcées imposées par les réglementations européennes (RGPD, NIS2, DORA, référentiel SecNumCloud), la plateforme Bitdefender GravityZone constitue un exemple de solution alignée avec les exigences de souveraineté attendues des prestataires opérant au sein de l’Union européenne.
Le choix de Bitdefender d’héberger sa plateforme en France, au sein des infrastructures OVHcloud et notamment via le service « Hosted Private Cloud » certifié SecNumCloud, répond aux impératifs identifiés par l’ANSSI.
Au-delà de l’hébergement, la gouvernance de l’éditeur constitue un critère central d’appréciation. À cet égard, Bitdefender est labellisée par l’European Cyber Security Organisation (ECSO), attestant que le siège effectif est situé en Europe, que plus de 50 % des activités de R&D sont localisées dans l’UE ou encore que les solutions respectent strictement les exigences européennes relatives à la confidentialité, à la protection des données et à l’intégrité des services.
Cette reconnaissance permet de considérer l’activité de Bitdefender comme relevant d’un modèle de souveraineté conforme aux critères européens.
Global Security Mag : Comment les technologies (IA / Quantique, etc.) doivent-elles évoluer pour contribuer à maîtriser nos dépendances numériques ?
Laurent Tombois : l’intelligence artificielle joue un rôle central dans l’évolution de la cybersécurité. Elle permet à la fois aux attaquants d’industrialiser leurs méthodes, mais aussi aux défenseurs d’améliorer leurs capacités de détection et de réponse. On observe notamment que les attaques s’intègrent de plus en plus dans les usages métiers, en exploitant des scénarios crédibles comme des factures, des contrats ou des communications professionnelles, ce qui les rend plus difficiles à détecter.
Pour maîtriser les dépendances numériques, ces technologies doivent évoluer vers plus de transparence, de contrôle et d’intégration dans les environnements existants. Il est également essentiel de sécuriser les systèmes d’IA eux-mêmes, qui deviennent des actifs critiques.
Global Security Mag : Quel message souhaitez-vous transmettre aux RSSI, CISO, DPO, DSI, Responsables Cyber et Cybersécurité ?
Laurent Tombois : le principal message est de replacer la prévention et la gestion des risques au cœur des stratégies de cybersécurité. Face à l’élargissement constant de la surface d’attaque, il ne suffit plus de détecter et de réagir : il faut réduire en amont les opportunités d’exploitation, notamment en maîtrisant les accès et les usages.
Il est également essentiel de gagner en visibilité sur ses environnements et de mieux comprendre ses dépendances numériques pour renforcer sa résilience.
Enfin, dans un contexte marqué par l’essor de l’IA et l’évolution rapide des menaces, les organisations doivent à la fois tirer parti de ces technologies pour se défendre, tout en s’assurant qu’elles ne deviennent pas elles-mêmes de nouveaux vecteurs de risque.





