Global Security Mag : pouvez-vous vous présenter et nous dire comment votre parcours professionnel vous a amené à votre rôle actuel ?
Jean-François Pruvot : j’occupe le poste de RVP South Europe chez Saviynt, où je pilote le développement de nos activités sur cette région, en accompagnant les organisations dans la gestion et la sécurisation des identités et des accès.
Mon parcours s’est construit autour des enjeux de cybersécurité et de transformation numérique, avec une spécialisation progressive sur les problématiques d’identité, de gouvernance et de gestion des risques. J’ai évolué dans différents environnements technologiques, ce qui m’a permis de développer une vision globale des défis auxquels les entreprises sont confrontées aujourd’hui.
Chez Saviynt, nous aidons les organisations à structurer leur approche de la sécurité autour de l’identité, qui est devenue un point central dans la maîtrise des risques, notamment dans des environnements cloud, hybrides et désormais fortement influencés par l’essor de l’intelligence artificielle.
Global Security Mag : quelle est votre actualité lors du Forum InCyber 2026 ?
Jean-François Pruvot : lors d’InCyber 2026, nous mettons en avant les enjeux liés à la maîtrise des identités et des dépendances numériques, qui sont au cœur des transformations actuelles.
Nous partageons notamment notre vision sur l’évolution des environnements numériques, marqués par la multiplication des identités humaines et non humaines, mais aussi par l’émergence rapide des agents IA autonomes.
C’est également l’occasion de présenter notre nouvelle approche de la gouvernance des identités appliquée à l’IA, avec le lancement de notre « plan de contrôle des identités », qui permet de gérer ces nouveaux acteurs au même titre que les identités traditionnelles.
Global Security Mag : quels sont les points forts des solutions que vous allez présenter à cette occasion ?
Jean-François Pruvot : les solutions Saviynt reposent sur une approche unifiée de la gestion des identités et des accès, intégrant gouvernance, conformité et gestion des risques.
Nous permettons aux organisations d’avoir une vision complète des droits d’accès, des privilèges et des interactions entre les différents utilisateurs, qu’ils soient humains, non humains ou désormais agents IA.
Avec notre nouvelle plateforme dédiée à la sécurité des identités pour l’IA, nous allons plus loin en apportant trois capacités clés : la découverte continue des agents, la gouvernance de leur cycle de vie et le contrôle des accès en temps réel.
Cela permet de répondre à une lacune majeure : aujourd’hui, une grande majorité d’entreprises ne savent pas réellement ce que font leurs agents IA une fois déployés, ce qui crée un risque invisible.
Global Security Mag : cette année, le Forum InCyber a pour thème « Maîtriser nos dépendances numériques », quelles sont vos analyses sur ce sujet ?
Jean-François Pruvot : la maîtrise des dépendances numériques passe avant tout par une meilleure compréhension des interactions entre les identités, les systèmes et les ressources. Aujourd’hui, les organisations dépendent d’un écosystème technologique de plus en plus complexe, auquel s’ajoutent désormais des agents IA capables d’agir de manière autonome et à grande vitesse.
Dans ce contexte, les identités deviennent le point de convergence de toutes ces dépendances. La souveraineté numérique ne se limite donc pas à l’infrastructure : elle repose aussi sur la capacité à savoir qui ou quoi accède à quoi, dans quelles conditions, et avec quels niveaux d’autonomie.
L’émergence des agents IA accentue encore cette problématique, car ils échappent souvent aux modèles de contrôle traditionnels.
Global Security Mag : comment vos solutions répondent-elles à cette problématique ?
Jean-François Pruvot : nos solutions permettent aux organisations de structurer et d’automatiser la gestion des identités et des accès, afin de réduire les risques liés aux dépendances numériques.
Nous aidons à identifier les accès excessifs, à appliquer le principe du moindre privilège et à mettre en place des contrôles continus sur les droits accordés. Avec notre « plan de contrôle des identités » pour l’IA, nous étendons ces capacités aux agents autonomes : nous les découvrons, les enregistrons, leur attribuons un responsable et contrôlons leurs actions en temps réel.
Cette approche permet non seulement de sécuriser les environnements existants, mais aussi d’encadrer l’innovation liée à l’IA, en offrant une visibilité et un contrôle continus sur l’ensemble de l’écosystème.
Global Security Mag : comment les technologies (IA / Quantique, etc.) doivent-elles évoluer pour contribuer à maîtriser nos dépendances numériques ?
Jean-François Pruvot : l’intelligence artificielle joue un rôle clé dans l’analyse des comportements et la détection des anomalies liées aux identités et aux accès. Elle permet d’automatiser certaines décisions et d’identifier plus rapidement des situations à risque.
Mais elle doit aussi être gouvernée comme une identité à part entière. Les agents IA ne se comportent pas comme des utilisateurs humains : ils agissent de manière autonome, prennent des décisions en temps réel et interagissent avec de multiples systèmes. Les technologies doivent donc évoluer vers des modèles capables de gérer ces identités dynamiques, avec des contrôles en temps réel et une gouvernance continue.
Concernant le quantique, les impacts concerneront notamment les mécanismes d’authentification et de chiffrement, ce qui nécessitera d’anticiper les évolutions en matière de gestion des identités et des accès.
Global Security Mag : quel message souhaitez-vous transmettre aux RSSI, CISO, DPO, DSI, Responsables Cyber et Cybersécurité ?
Jean-François Pruvot : le principal message est que l’identité doit être au cœur des stratégies de cybersécurité. Dans des environnements de plus en plus complexes, il est essentiel de disposer d’une vision claire et continue des accès et des privilèges, afin de limiter les risques et de mieux maîtriser les dépendances numériques.
Il est également important d’automatiser les processus de gouvernance des identités pour gagner en efficacité et en réactivité face aux menaces.
Enfin, les organisations doivent anticiper dès maintenant l’impact de l’IA sur leurs modèles de sécurité : celles qui sauront encadrer ces nouveaux usages avec une gouvernance solide pourront innover en toute confiance.






