La sauvegarde est indispensable, mais sans capacité de reprise, elle perd toute sa valeur.

Le Forum InCyber s’est déroulé à Lille, du 31 mars au 2 avril, et Cyril VanAgt, VP Channel EMEA, Keepit, a accordé un moment d’échanges à Global Security Mag.

Cyril VanAgt
Keepit

Global Security Mag : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment votre parcours professionnel vous a amené à votre rôle actuel ?

Cyril VanAgt : je suis VP Channel EMEA chez Keepit, où je pilote le développement de notre écosystème de partenaires sur la région. Mon parcours s’est construit autour des technologies cloud, de la cybersécurité et du développement de réseaux indirects. J’ai évolué dans différents environnements internationaux, ce qui m’a permis d’observer de près la transformation numérique des entreprises et, surtout, les nouvelles dépendances qu’elle crée.
Ce qui m’a naturellement conduit chez Keepit, c’est la conviction que la donnée est aujourd’hui l’actif le plus critique des organisations, et que sa protection ne peut plus être laissée uniquement aux fournisseurs de services. Mon rôle consiste à accompagner nos partenaires pour apporter cette vision aux entreprises européennes.

Global Security Mag : quelle sera votre actualité lors du Forum InCyber 2026 ?

Cyril VanAgt : nous mettons en avant la nécessité de franchir un cap : passer de l’usage du SaaS à une véritable capacité de reprise.
Nous présentons les enseignements de notre rapport annuel de données Keepit 2026, qui repose non pas sur des déclarations, mais sur des données réelles de sauvegarde et de restauration. Ces données montrent que les organisations utilisent activement leurs sauvegardes, mais que leur capacité de reprise reste encore en construction, notamment pour les scénarios à grande échelle.
C’est aussi l’occasion de démontrer concrètement comment transformer une sauvegarde en une capacité de reprise fiable et reproductible.

Global Security Mag : Quels sont les points forts des solutions que vous allez présenter à cette occasion ?

Cyril VanAgt : notre principal différenciateur est d’être le seul fournisseur indépendant et cloud-native entièrement dédié à la protection des données SaaS.
Mais au-delà de la technologie, notre force réside dans notre approche centrée sur la reprise. Nos solutions permettent une restauration granulaire et c’est essentiel, car 90 % des restaurations observées dans notre rapport concernent des fichiers unitaires mais aussi une reprise à grande échelle.
Nous accompagnons surtout les entreprises dans la structuration de leurs pratiques de reprise, car les données montrent que la résilience ne repose pas uniquement sur les outils, mais sur la capacité à tester, répéter et valider les processus dans des conditions réelles.

Global Security Mag : Cette année, le Forum InCyber aura pour thème « Maîtriser nos dépendances numériques », quelles sont vos analyses sur ce sujet ?

Cyril VanAgt : c’est un thème clé, et il fait directement écho à ce que nous observons sur le terrain.
Le débat sur la souveraineté numérique en Europe reste souvent centré sur l’hébergement des données. Mais nos données montrent que la véritable dépendance est ailleurs : elle réside dans la capacité ou non à récupérer ses données lorsque quelque chose se passe mal.
Nous dépendons aujourd’hui d’un nombre limité d’infrastructures cloud, avec un effet domino très réel en cas de panne. Mais plus intéressant encore, même lorsque ces incidents majeurs se produisent, ils n’entraînent pas d’augmentation significative des tests de reprise. Cela montre qu’il existe encore un décalage entre la prise de conscience du risque et la mise en pratique.
Maîtriser ses dépendances, c’est donc avant tout être capable de restaurer ses données, indépendamment de son fournisseur.

Global Security Mag : Comment vos solutions répondent-elles à cette problématique ?

Cyril VanAgt : nous répondons à cette problématique en redonnant aux entreprises une capacité de reprise autonome. Le SaaS a introduit un angle mort important : beaucoup d’organisations pensent que la sécurité de l’application couvre la protection des données. Ce que montrent nos données, c’est que les incidents les plus fréquents sont assez simples, comme des pertes de fichiers ou des erreurs humaines, alors que les scénarios les plus critiques, notamment autour des identités, sont encore peu testés.
Par exemple, les systèmes d’identité sont testés quatre fois moins souvent que les outils de productivité, alors même qu’ils conditionnent l’accès à toutes les autres applications.
Notre approche consiste donc à sécuriser ces angles morts, mais surtout à permettre aux entreprises de tester et valider régulièrement leur capacité de reprise, car c’est la pratique qui construit la résilience.

Global Security Mag : Comment les technologies (IA / Quantique, etc.) doivent-elles évoluer pour contribuer à maîtriser nos dépendances numériques ?

Cyril VanAgt : l’IA a un rôle important à jouer, notamment pour analyser les comportements, détecter les anomalies ou prioriser les restaurations en cas d’incident. Mais elle doit aller au-delà de la détection pour aider à orchestrer la reprise. Ce que montre notre rapport, c’est que la maturité vient de la répétition et de la structuration des processus. Les technologies doivent donc aider à automatiser les tests de reprise, à guider les équipes et à rendre ces processus reproductibles.
Concernant le quantique, les enjeux porteront surtout sur la sécurité des données et la cryptographie. Mais là encore, la priorité est de garantir que les organisations conservent la maîtrise de leurs données et de leur capacité à les restaurer.

Global Security Mag : Quel message souhaitez-vous transmettre aux RSSI, CISO, DPO, DSI, Responsables Cyber et Cybersécurité ?

Cyril VanAgt : la sauvegarde est indispensable, mais sans capacité de reprise, elle perd toute sa valeur. Nos données montrent que 9 entreprises sur 10 ont déjà validé des restaurations à grande échelle, ce qui est très positif. Mais elles montrent aussi que beaucoup d’organisations restent à un stade précoce, en se concentrant principalement sur des restaurations unitaires.
La résilience se construit par la pratique. Il faut tester régulièrement, simuler des scénarios réels, et s’assurer que l’on peut restaurer les bonnes données, dans le bon ordre, au bon moment. Aujourd’hui, maîtriser ses dépendances numériques, c’est être capable de reprendre le contrôle quand tout le reste échoue.

Articles similaires

Interviews

19 avril 2026

L’IA agentique peut réduire drastiquement la fenêtre d’opportunité laissée à l’attaquant.

Lors du Forum InCyber qui a eu lieu à Lille du 31 mars au 2 avril 2026, Yazid Akadiri, Principal (…)

Interviews

19 avril 2026

L’identité doit être au cœur des stratégies de Cybersécurité.

Lors du Forum InCyber qui a eu lieu à Lille du 31 mars au 2 avril 2026, Jean-François Pruvot, (…)

Interviews

19 avril 2026

Reprendre le contrôle sur la visibilité de son exposition aux risques.

Lors du Forum InCyber qui a eu lieu à Lille du 31 mars au 2 avril 2026, Bernard Montel, (…)