Avec la montée en puissance de l’IA du côté des attaquants, il devient indispensable de placer la Threat Intelligence en amont de sa stratégie de cybersécurité.

Lors du Forum InCyber 2026, qui a eu lieu du 31 mars au 2 avril, Olivier Rizet, Directeur des partenariats pour la région Europe du Sud chez Filigran, a accordé un entretien à Global Security Mag.

Olivier Rizet
Filigran

Global Security Mag : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment votre parcours professionnel vous a amené à votre rôle actuel ?

Olivier Rizet : bonjour, je suis Olivier Rizet, Directeur des partenariats pour la région Europe du Sud chez Filigran. Avant de rejoindre Filigran, j’ai construit l’écosystème de partenaires pour des éditeurs de logiciels de cybersécurité comme Wiz, Datadog, et accompagné des entreprises dans l’adoption du Cloud Public et de l’IA chez Microsoft et Google.
J’ai rejoint Filigran pour apporter une expérience d’entreprises en croissance très rapide et rejoindre un projet français à portée mondiale.

Global Security Mag : quelle sera votre actualité lors du Forum InCyber (FIC) 2026 ?

Olivier Rizet : à l’occasion du FIC 2026, dont la thématique est cette année la souveraineté, nous présentons l’approche Filigran de la Continuous Threat Exposure Management (CTEM), ouverte et guidée par le renseignement sur les menaces.

Concrètement, nous mettons en avant notre suite Filigran eXtended Threat Management (XTM), enrichie par l’IA, qui s’articule autour de deux solutions complémentaires :
 OpenCTI structure et opérationnalise le renseignement sur les menaces (du niveau technique au stratégique), afin de contextualiser les attaques et d’agir de manière proactive.
 OpenAEV transforme ce renseignement en validation opérationnelle de l’exposition : simulations d’attaques, tests de résilience et exercices de gestion de crise, pour prioriser les failles critiques et renforcer en continu la posture de sécurité.

Cette articulation OpenCTI → OpenAEV permet de passer de la connaissance de la menace à la preuve de l’exposition, puis à la remédiation, dans une boucle CTEM continue.

Nous annonçons également un nouveau mode de déploiement : en complément des installations air-gapped et on-premise, une offre SaaS s’appuyant sur l’infrastructure de notre partenaire Outscale, en cours de qualification SecNumCloud 3.2 par l’ANSSI.

Global Security Mag : quels sont les points forts des solutions que vous allez présenter à cette occasion ?

Olivier Rizet : notre plateforme de gestion étendue de la menace est la seule solution française de ce type. Elle est utilisée par des organisations parmi les plus exigeantes au monde, comme le FBI et Barclays, ainsi qu’en France par des acteurs majeurs comme EDF ou Bouygues Telecom.

L’ancrage open source de Filigran est également unique sur ce marché. Il apporte transparence et indépendance à nos clients grâce à un code ouvert et auditable, à l’opposé d’un modèle « boîte noire » qui crée de la dépendance.

Enfin, nous sommes les seuls à avoir adopté nativement le standard de données STIX 2.1. Cela permet une visualisation avancée des menaces, sans transformation. Ce format offre une représentation structurée et riche en contexte des cybermenaces. Elle surpasse les versions précédentes (STIX 1.x et 2.0) en simplifiant la modélisation et en augmentant l’interopérabilité, ce qui est clé pour une monitorisation continue de la menace.

Global Security Mag : cette année, le Forum InCyber aura pour thème « Maîtriser nos dépendances numériques », quelles sont vos analyses sur ce sujet ?

Olivier Rizet : nous constatons une accélération très nette de la demande pour des solutions et des infrastructures souveraines, en particulier chez les OIV et les organisations soumises à de fortes exigences de conformité et de sécurité.

C’est précisément pour répondre à ce besoin que nous avons noué un partenariat avec Outscale, afin de proposer à nos clients une infrastructure s’inscrivant dans une démarche SecNumCloud.

Global Security Mag : comment vos solutions répondent-elles à cette problématique ?

Olivier Rizet : en plus des modèles d’installation air-gapped et on-premise, OpenCTI est désormais disponible en mode SaaS sur l’infrastructure Outscale. Cela permet à nos clients de se concentrer sur leur cœur de métier, l’analyse de la cybermenace, tout en s’appuyant sur une infrastructure souveraine opérée par Outscale.

Notre modèle de données ainsi que notre plateforme Open-Source sont pour nos clients un levier majeur de souveraineté numérique en garantissant l’indépendance stratégique, la transparence et la maîtrise des données. Il permet de s’affranchir de la dépendance aux fournisseurs, et d’auditer la sécurité des outils.

Global Security Mag : comment les technologies ( IA / Quantique, etc. ) doivent-elles évoluer pour contribuer à maîtriser nos dépendances numériques ?

Olivier Rizet : l’IA permet déjà à nos utilisateurs de gagner en efficacité en automatisant des tâches répétitives. Elle facilite notamment l’ingestion de données et de rapports, y compris au format PDF, avec un mapping automatique vers le format STIX 2.1.

L’IA générative ouvre aussi la voie à la production de rapports de manière beaucoup plus rapide, en passant de plusieurs jours à quelques minutes, tout en améliorant la capacité des équipes à diffuser l’information.

Nous travaillons également à un agent qui permettra à tous les utilisateurs (équipes sécurité, opérationnelles et business) de les assister dans l’extraction de valeur de la plateforme.

Global Security Mag : quel message souhaitez-vous transmettre aux RSSI, CISO, DPO, DSI, Responsables Cyber et Cybersécurité ?

Olivier Rizet : avec la montée en puissance de l’IA du côté des attaquants (exploitation de vulnérabilités zero-day, accès à des bases de données ouvertes comme ExploitDB, et génération d’attaques à partir d’un simple prompt), il devient indispensable de placer la Threat Intelligence en amont de sa stratégie de cybersécurité.

L’objectif est de maintenir le système d’information en adéquation permanente avec la menace réelle, et d’irriguer les dispositifs de sécurité avec les signaux, techniques et protocoles effectivement utilisés par les attaquants.

C’est ce que permet la plateforme XTM de Filigran.

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